Le MOT du DOYEN

 
 

 

 


 

Dans quelques jours, l’année 2020 se terminera.
Une année bousculée par le chauvin 19 et le confinement.
Quand nous entendons les mesures prises par nos autorités - (et je les comprends) - il semble bien que nous vivrons Noël et les fêtes de fin d’année autrement.
En suivant de près l’actualité quotidienne, je découvre que les experts évoquent une interdiction de se déplacer à plus de 10 km : « ça peut faire baisser les chiffres. »
En lisant l’infolettre de la paroisse de Bastogne à partir du 23 décembre, vous trouverez toutes les mesures officielles et tout ce qui concerne les célébrations.

En vous souhaitant à toutes et tous une sainte fête de Noël et une année nouvelle 2021 de Paix, de Bonheur, de Vie, je prie l’Emmanuel - Dieu avec nous - pour chacun et chacune, pour toutes nos familles, nos malades, les personnes seules, pour les petits, les plus faibles, les exclus, les enfants, les jeunes, pour nos paroisses, nos communes, nos lieux de vie, nos régions, notre pays et le monde. Je prie aussi pour notre Eglise, le pape, les évêques, les prêtres, les diacres, les laïcs engagés, les religieux et religieuses, pour nos dirigeants. « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »

Pendant ces temps difficiles que de débats, de discussions, de querelles sur l’importance des célébrations publiques. Ne devons-nous pas nous poser la question sur notre manière de vivre notre foi : « au pied de l’autel ou au devant des plus pauvres ? »
La question essentielle n’est-elle pas « Quel croyant voulons-nous être ? »
Cette période de  confinement a-t-elle changé quelque chose dans notre manière de vivre notre foi en nous et vis-à-vis des autres ?
    
« Nul ne sait ni ce qui va advenir, ni même ce qui est en train de se passer. Quelle grâce peut répondre à l’épreuve ? J’aimerai l’appeler la grâce du possible : l’événement nous met à l’oeuvre de Celui à qui « rien n’est impossible » et qui « fait toutes choses nouvelles ». (Marguerite Léna, philosophe , 2003).

Ce que nous vivons, ce que nous venons de vivre n’a-t-il pas bousculé nos habitudes de chrétiens ? Ou cela va-t-il transformer ou pas notre vie de croyants ?

Ce matin, une personne m’interpellait au sujet de l’ absence des messes. « Et après, lorsque nous nous retrouverons à l’église pour les célébrations, ceux et celles qui pendant des semaines ont suivi les messes télévisées reviendront-ils ? »
L’absence de célébration nous a fait redécouvrir l’importance quasi sacramentelle de la communauté. Il faut faire « corps » pour célébrer l’eucharistie » analyse le Père Gilles Drouin , directeur de l’Institut supérieur de liturgie de l’Institut Catholique de Paris.
« Le temps n’est pas à la tiédeur : il est au risque » disait l’archevêque de Poitiers dans son message du nouvel an 2020.

« L’expérience du confinement peut susciter de la nouveauté. Il nous faut en recueillir les choses pour réfléchir à ce qui peut être poursuivi, réaménagé ou créé » comme le précisait l’évêque de Limoges.

« Comme nous n’avons pas l’imagination de Dieu quand nous pensons à l’avenir, nous le pensons comme le passé, relevait Christian de Chergé, moine de Tibhirine.

Quand on est dans un tunnel, on n’y voit rien, mais c’est absurde de vouloir pour autant que le paysage à la sortie du tunnel soit le même qu’à l’entrée. Laissons l’Esprit-Saint faire son travail. »


                    J-C PIVETTA, doyen de Bastogne
_____________________________
d’après un article du journal La Croix du vendredi 29 mai 2020  « Serons-nous croyants comme avant ? »

*****************************