Le MOT du DOYEN

 
 

 

Des personnes racontent …

Que de discours, d’écrits; que de partages, que de débats, que de secondes, de minutes, d’heures, de jours, de semaines et de mois.
Deux mots reviennent sans cesse : confinement et déconfinement.
Chaque jour, je prends connaissance de l’actualité de monde, du pays, de chez nous…
J’ai devant les yeux une dizaine de pages du journal La Croix qui, il y a près de deux semaines offrait un titre attirant  « Cent personnes racontent leur confinement. »
J’ai lu  ces témoignages. Ces personnes nous livrent en quelques mots, en quelques phrases ce qu’ils retiennent de cette période de lutte confinés à cause du Covid 19.
Il y a de quoi être retourné, bousculé, silencieux, triste, joyeux, crier à haiute voix, pacifique, révolutionnaire, …
Des pages qui furent pour moi d’un grand intérêt. Il m’est impossible de les publier. Mais, simplement, dans les lignes qui vont suivre, je dépose simplement les titres de ces témoignages. En les lisant, comment est-ce que je réagis ? Quel serait mon témoignage personnel ?

« Retrouver le sens de la concorde » - « Me laisser porter à mon tour » -       « Confinement n’est pas enfermement » - « Rester dans un moment collectif » -« La prise de conscience d’autrui » - « Sortir de nous-mêmes » - « un monde toujours plus fragmenté » - « La valeur de la vie humaine » - « Moins de projets, plus de vie » - « Des Pâques entre frères et soeurs » - «  L’importance de prendre soin » - « Les relations sociales ont été respectées » - « Cette crise sanitaire est un avertissement » - « la seconde guerre mondiale fut bien pire » - «  Le désastre des autres nous touche » - « Souvenons-nous que la solidarité a fonctionné » - « Mes valeurs essentielles » - « Une résilience collective » - « Je menais une vie insouciante » - « Maintenant, j’ai envie de vivre » - « La santé et la vie se sont imposées » -« Une grande liberté intérieure » - « Le monde à venir doit être celui de l’essentiel » - « La responsabilité l’a emporté sur la liberté » - « Qu’un nouvel espoir naisse » - « L’avenir doit repartir de la solidarité » - « L’homme fait partie de la creation » - « On ne travaille bien qu’ensemble »…

 
              Et bien d’autres encore.

Vous aussi, vous pouvez vous mettre à l’écriture et m’envoyer, au presbytère de Bastogne, votre réflexion. Celle-ci pourra rejoindre les autres et former ainsi une longue chaîne humaine de réflexion et de lutte contre le Covid 19.

Pour terminer, je vous invite à lire et à méditer ces deux textes d’un prêtre-poète, Jean DEBRUYNNE.
Prêtre de la Mission de France et aumônier général des scouts et des guides de France, Jean DEBRUYNNE  a écrit des vers d’inspiration profane ou religieuse qui sont devenus textes de chansons ou de cantiques ou de jeux scéniques pour de grands événements de la vie religieuse.
C’est lui qui a écrit les jeux scéniques pour la visite du pape Jean-Paul II en 1986 en France et pour les JMJ de Paris en 1998.

PARTIR

Si je vais partir, c'est que je suis déjà parti.
Dès l'instant où j'ai pu m'arracher à moi-même,
cette décision de partir, mon départ a déjà eu lieu.
Le plus dur n'est pas de partir,mais de le vouloir.
Toutes les raisons sont bonnes
pour ne pas partir :
le coeur a ses habitudes, l'âme ses tranquillités,
le corps ses fatigues, les yeux leur horizon
et le visage son cercle.

Il n'existe donc pas de départ sans séparation.
Le départ est donc toujours un acte créateur.
Il rend possible. Il ouvre un espace.
Accepter de partir, c'est accepter qu'il soit un avenir,
c'est reconnaître que tout n'a pas été dit.
C'est affirmer que notre monde
n'est pas notre prison,
et que notre temps n'est pas sans issue.

REPARTIR

Repartir, ce n'est surtout pas revenir sur ses pas,
Repartir, ce n'est pas faire marche arrière.
Ce n'est pas revenir à son point de départ.
Repartir, ce n'est pas faire demi-tour
en effaçant les traces de ses propres pas.

Jamais tu ne repars comme tu es arrivé.
Jamais tu ne reviens comme tu es parti.
Jamais tu ne rentres comme tu es sorti.

Le voyage te change
Le voyage n'a pas été seulement celui des kilomètres et des semaines.
Celui qui repart se remet en cause,
il se remet en histoire et en route.
Il renonce à rentrer dans ses pantoufles et ses habitudes.

Repartir, c'est affirmer que l'avenir existe, puisqu'on y va.
C'est croire qu'il existe un possible, puisqu'on y part.
Repartir, c'est prouver que tout n'a pas été dit.
Repartir, c'est croire qu'il existe encore un chemin, il est celui du cœur.

Repartir, ce n'est pas rapporter des souvenirs, mais des projets.
Repartir, ce n'est pas retrouver ses habitudes
et remettre les choses à leur place.
Repartir, ce n'est pas déclarer que tout est fini
et qu'il ne reste plus que des nostalgies.
Repartir, c'est, au contraire, vouloir que tout commence.

Celui qui repart a le cœur neuf.Celui qui repart suit le chemin d'un nouveau regard.
Celui qui repart ne sera plus jamais comme avant.
Celui qui repart se remet en mouvement.

 

Jean-Claude Pivetta,
Doyen de Bastogne
0475/87.45.18